28.5.12

Salade de Homard

Ayant troqué le condo urbain pour un havre de paix à la campagne depuis presque un mois déjà, je me trouve à faire pas mal plus d'expériences culinaires maison que de découvertes restos. Oui , je l'avoue, je m'ennuie un peu de la proximité de cette manne de possibilités mais j'assume mon choix de vie rurale pleinement. Choix qui sera temporaire car le projet "Foodie dans les Cantons" ce n'est que pour quelques mois.

À la demande générale de mes amis qui regardent régulièrement les photos de ce que je mange, je vous livre ma recette de salade de fenouil et homard concoctée au début de la saison. Je dois avouer que ce mélange assez simple et improvisé, s'avère à mon goût la dose parfaite de croquant, de fraîcheur et de piquant. Juste assez de saveur pour mettre en valeur la chair de homard, que je vénère, et ne pas la masquer.



Donc, voici les ingrédients pour 4 portions assez généreuses:

Chair de 2 homards décortiqués. (de préférence achetés vivants et cuits à la vapeur)
2 oranges Cara cara
1 gros bulbe de fenouil coupé en juliennes fines (l'usage d'une mandoline est très recommandé)
2 cuil à soupe de mayo (maison ou du commerce)
2 cuil à soupe de yogourt nature (J'utilise le 0% grec de la marque Liberté)
1 soupçon de sauce chili à l'ail
2 oignons verts tranchés finement (partie blanche et vert pâle)
1 poignée généreuse d'aneth frais, légèrement ciselé
Sel maldon

Tout d'abord, se munir d'un grand bol à mélanger. Y mettre le jus d'une orange Cara cara ainsi que son zeste. Faire des suprêmes en enlevant la peau complètement de l'autre orange et couper en petits dés. Ajouter au jus et zeste.

Trancher le bulbe de fenouil en juliennes le plus fines possibles et les mettre dans le bol. Faire macérer dans le jus avec les oranges, le temps de finir la découpe des autres ingrédients et le mélange de la sauce.

Ajouter l'oignon vert tranché puis juste avant de servir, ajouter la chair de homard en morceaux (mais garder les pinces entières pour décorer les assiettes), le mélange yogourt-mayo et sauce chili puis le fenouil frais. Bien mélanger, ajouter le sel et servir!

Facile comme tout et c'est tellement bon. Le jus d'orange va se mélanger avec la mayo et former une vinaigrette crémeuse. Assurez- vous de tout récupérer au fond du bol et répartir également dans les assiettes.

Vous pouvez aussi servir le mélange sur du pain de ménage grillé. Cela fait un excellent "lobster roll" ouvert.

L'utilisation des oranges Cara cara est selon moi la clé du succès car elles sont un peu plus sucrées que la moyenne et bien sûr le homard et le fenouil doivent être d'une fraîcheur irréprochable. C'est avec de bons ingrédients que l'on fait de bonnes recettes. Mention spéciale à mes assiettes qui ont frappé l'oeil de lynx de quelques uns...héritage de grand-papa que je garde depuis des années en vue de mon futur chalet bord de lac. Check.

Bon Appétit!


21.4.12

Nora Gray

Ça fait quelque temps déjà que j'ai eu le béguin pour le Nora Gray. C'était un gentil "crush"  qui a évolué, au fil de mes visites,  en relation beaucoup plus sérieuse.  On a gagné mon coeur et il est temps que je vous en parle.

Ça a commencé un soir d'hiver, alors que je me suis bien sentie campée au bar dans ce petit cocon chaleureux et bouillonnant de vie. La déco est simple mais a un certain chic qui me rappelle le sous-sol de mes parents dont  les murs sont plaqués en noyer, mode tout droit sortie des années 70.  La vaisselle, elle,  me fait penser à un set de grand-maman: Réconfort. La cuisine est pas mal Italienne, origine de la chef, mais on trouve autre chose que les classiques habituels sur la carte.

Après quelques cocktails au campari, ma nouvelle marotte, j'ai pu apprécier des plats sortant de l'ordinaire comme les tripes braisées dans une sauce tomate savoureuse et la fameuse porchetta.  Un potage de topinambours et truffes avec un plat de cavatelli au sanglier pour mon partenaire de la soirée moins aventurier. Tout est délicieux en cette première fois.

J'ai aussi le souvenir d'un plat de pétoncles fameusement dorés avec un ragoût de haricots blancs qui avait juste le piquant requis pour réveiller les papilles, un soir où j'ai mangé en solo au bar. Ma découverte saveur de l'année, je la dois à cette entrée de croquette de cochon servie avec de la mostarda. Vous connaissez la mostarda? Odeur nouvelle légèrement sucrée et terriblement attirante que j'étais incapable d'identifier, puis en bouche ce fut le gros wow! C'est un condiment du nord de l'Italie aux graines de moutarde. On fait macérer des agrumes ou des fruits dans une essence de moutarde et ça donne une explosion de saveur dans la bouche. J'en ai vraiment rêvé pendant les jours suivants.  Une escalope de veau Marsala servie avec des champignons sauvages lors de ce même repas a remonté la barre de ce classique à un niveau jamais atteint.

Pétoncles et haricots

Le menu change selon les saisons et ma dernière visite m'a fait découvrir les nouveautés du printemps. J'ai été tout de suite excitée de voir que  la mostarta était encore présente mais cette fois servie avec de la cervelle de veau.  Croquer dans ces petites boules c'était comme croquer dans un nuage. Comprenez moi bien je n'ai jamais mangé de nuage mais si ça se pouvait, je suis sûre que ça ressemblerait à ça....tellement fin et moelleux. Un délice pur! Un plat qui vaut à lui seul le déplacement je vous le jure. La mostarda ici était sous forme de clémentine, qui apportait une petite amertume à la fois sucrée et parfaite.


Cervelle de veau et Mostarda

Une tagliatelle au crabe des neiges était sans contredit un item à commander pour faire honneur à la saison. Pâtes qui ont juste la bonne texture sous la dent avec une sauce tomate assez délicate pour la chair de ce sympathique crustacé.




Tagliatelle au crabe

La porchetta s'est dotée d'un air de printemps avec une garniture de petit pois verts. C'était très bon mais j'aurais aimé un peu de purée sous ma montagne de pois comme il y a dans l'assiette de porchetta  d'hiver. L'assiette de ris de veau est fort généreuse et ils sont cuits à la perfection.


Porchetta
Ris de veau

Pour une fois, j'ai décidé de piger côté carte des desserts avec une tarte à l'amande et cerises servie chaude, avec de la crème glacée maison.  C'était léger et pas trop sucré.  Le prochain coup je vais me laisser tenter par la pannacotta à la marmelade d'orange.

Tarte amande et cerises


Donc en résumé, une cuisine de marché d'inspiration italienne, généreuse et fraîche avec toujours un élément sur la carte pour surprendre et ravir les aventuriers. (tripes, cervelle ). J'ai fait de belles découvertes culinaires grâce au Nora Gray et j'en suis reconnaissante.  La cuisine est solide! Malgré le menu changeant je n'ai jamais eu de déception. En très peu de temps, le restaurant s'est retrouvé dans ma liste de préférés à Montréal.  Je le recommande sans hésitation.

On a reproché à l'endroit un niveau de décibels trop élevé. Oui, c'est vrai que le niveau sonore peut parfois atteindre un niveau désagréable. Si le bruit vous incommode je vous suggère d'aller y manger tôt, pour un souper pré-spectacle, par exemple, car le centre Bell est à deux pas. Entre 18h et 20h c'est plus tranquille côté son.  Je préconise aussi de s'installer au bar quand on est deux personnes et qu'on est dans un endroit bruyant, la proximité aide à ne pas avoir à monter le ton pour se comprendre. Et puis au bar, on peut admirer les cocktails du barman et fraterniser avec les autres clients, c'est festif!  Comme le printemps.



http://noragray.com/

Sur twitter:  @noragraymtl










13.4.12

Toqué!

Je n'ai pas pris beaucoup de clichés de cette expérience parce que j'avais décidé de pas "travailler" et de juste apprécier ma soirée. De plus, la personne qui m'accompagnait déteste que je gosse après ma caméra ou mon iphone pendant un repas alors j'ai capitulé.

Le Toqué! véritable institution gastronomique Montréalaise où je n'avais pas mis les pieds depuis 7 ans, me trottait dans la tête depuis quelques semaines déjà. J'étais due et même "overdue" pour une visite. Comment puis-je affirmer à qui veut l'entendre ou le lire que tel ou tel resto est le meilleur de sa catégorie si je ne peux pas comparer avec le "top"?

Mes attentes étaient de taille astronomique. Normand Laprise est acclamé de partout et quand je regarde Charles-Antoine Crête, son bras droit, garrocher des oeufs mollets en haut d'un escabeau à l'émission de Josée DiStasio, je capote! Ce mec là a l'air d'une vraie bombe, débordant d'originalité et de créativité et comme le génie est souvent accompagné de folie, j'ai hâte de la sentir dans les assiettes. En fait, je VEUX vivre cette folie charmante dans mon assiette.

Pas le choix d'y aller pour la totale après avoir attendu si longtemps. Menu 7 services , avec un accord de vins en 6 temps. On propose une dégustation de champagne en demi verre pour ouvrir le bal, un rosé et un blanc. Belle entrée en matière pour découvrir le talent du sommelier. Produits exceptionnels. En fait, l'accord mets-vins tout au long de la soirée est un des éléments qui ne m'a pas déçue. C'était fantastique et 60$ n'est pas déraisonnable comme prix. On propose également un pairing plus prestigieux pour 110$.

On part le bal avec de petites gougères au fromage en amuse-bouche. Très bien réalisées mais pour l'originalité,  bof. Je ne suis pas très entichée de ce type de préparation en général.

Premier plat: Crabe des neiges servi sur grissini avec pamplemousse, clémentines et boutons de marguerite. Très frais, qualité de produit irréprochable. Selon moi ressemble plus à un deuxième amuse qu'une entrée mais mon comparse est totalement séduit.

Deuxième service: Des bourgots cuits a la plancha. Présentation très jolie avec la sauce aïoli dans un coquillage qu'on nous suggère de verser dans l'assiette. Beaucoup de légumes, du croquant...mais les bourgots c'est caoutchouteux et ceux là ne faisaient pas exception. C'est ordinaire, je fais la moue un peu.

Troisième service: Omble de chevalier pour moi et foie gras pour mon ami. Je suis très poisson. Je suis très "toutte" certains diront mais le poisson va en tête de liste avant la viande. Celui là m'a déçue. Goût douteux, aucune saveur à faire chavirer et des rubans de carottes comme garniture. Et le foie gras? oui la cuisson est parfaite, servi avec des garnitures assez standard. Là, je me dis, Normand! Charles! Mais que faites vous? Je veux des émotions, je veux un feu d'artifice! Jetez-moi parterre. Là pour l'instant c'est Nadine: 3, Toqué :0

Quatrième service: Enfin! je suis ravie par une caille exceptionnellement tendre et surtout une purée d'ail noir qui l'accompagne au goût fantasmagorique! les algues frites également originales apportent une texture intéressante. Le plat qui m'a plu le plus, c'est lui.

Caille, purée d'ail noir et algues
Cinquième service: Du cerf. Une longe superbe servie avec une réduction aux agrumes. Agrumes et cerf, oui belle surprise! mais j'ai trouvé la viande un peu raide et après quelques bouchées, j'étais blasée. Ce cerf a subi la comparaison de plusieurs goûtés récemment et il ne faisait pas le poids malheureusement.

Sixième service: Un pré-dessert qui m'a fait rouler par terre. Morceaux de meringues mélangés à des cubes de fromage bleu et de la crème. Un mélange sucré-salé et textures totalement savant et surprenant. Yes! Je suis émue. Dans mon enfance, on mangeait des tranches de pain blanc avec du beurre salé et du sucre blanc par -dessus (me rappelle pas qui avait eu cette idée) cette expérience de goût était similaire, ça semble simpliste comme comparaison mais je vous jure que c'est bon.

La finale: Un dessert sublime et totalement dans mes cordes. Une mousse, du croquant, un sorbet, un goût de sucré et d'agrumes (des coings) puis des pistaches. On ne prévoyait pas de vin pour ce service, nos 6 verres étant déjà consommés mais filant très festive, j'insistai pour que le sommelier me serve autre chose. Bang! Bing! Bedang ! Boum! Ce fut l'explosion de saveur avec ce mix "made in heaven". Le gars m'explique que en fait, ce dessert a été créé à partir de ce vin fortifié du Jura. (un Galant des Abbesses) Superbe réussite mais ce que je ne comprends pas, c'est comment se fait-il qu'il ne soit pas inclus dans l'accord mets-vins alors? j'ai failli manquer ça !!! Si il avait fallu..... j'ai pas compris.




Donc, en résumé: 3 plats sur 7 m'ont mise K.O. de bonheur. 2 plats m'ont carrément déçue et 2 plats j'ai trouvé ok. Me semble avoir déjà entendu Normand Laprise dire qu'il  y a  10 à 14 étapes de dressage dans les plats du Toqué! Mon impression est que c'était pas le cas dans toutes les assiettes. Je m'attendais à une extrême complexité de saveurs, peut-être était-elle là mais mon palais n'a pas su l'apprécier.

Le service j'ai trouvé un peu froid, voire coincé, un léger manque d'enthousiasme de notre serveur à décrire le menu. Ah! et la dégustation est un secret donc pas moyen de savoir ce qu'on va y retrouver. On a insisté pour savoir avant de faire notre choix...niet! Je ne trippe pas sur ce concept particulièrement. J'ai mangé dans beaucoup de grandes tables qui proposaient des menus dégustation, parfois même plusieurs, et on donne le détail au client, surtout si on insiste.

La facture la plus salée que j'ai jamais eue dans un restaurant de Montréal, il va s'en dire , je m'y attendais. Mon ami dit qu'il faut pas regarder le prix dans ce genre d'établissement. C'est comme si on entrait dans un concessionnaire Ferrari et qu'on demandait le prix. Quand tu entres là, en principe, le prix tu t'en sacre. Pas fou comme théorie mais je ne peux pas m'empêcher de faire des comparaisons.

J'ai apprécié mon expérience au Toqué et je suis heureuse d'y être allée. J'ai trouvé le nouveau local (pas si nouveau que ça) très bien, le cellier impressionnant et le bar superbe.  Vais-je y retourner de sitôt?  Probablement pas parce que de un,  mon budget ne me le permet pas trop souvent et aussi je crois que je peux avoir un meilleur rapport qualité-prix ailleurs à Montréal, et ressortir les papilles totalement enchantées. On propose un menu midi par contre que j'ai bien envie d'essayer sur la terrasse quand le beau temps le permettra. C'est sans aucun doute une très grande table et je souhaite longue vie au Toqué, une de nos fiertés quand même!



6.4.12

Le Smoking Vallée

On l'attendait avec impatience, ce petit nouveau restaurant apportez- votre- vin dans le quartier. L'annonce est venue sur les médias sociaux comme un projet à suivre sous "1 table à St-Henri", le nom n'ayant pas encore trouvé à l'époque.

Les partenaires sont des gens expérimentés ayant quelques spots à succès dont Les Canailles et L'Emporte-pièce.  On proposait de suivre l'évolution du projet, question de créer un engouement pré-ouverture. 

Dès les premières semaines, l'endroit a été pris d'assaut par les résidents , excités d'avoir une nouvelle table à essayer. Ce fût comme un raz-de-marée, m'a confié l'un des employés, deux semaines après l'ouverture. Il n'y avait pas assez de staff pour donner un service adéquat la première fois où j'y suis allée mais l'ambiance était tellement cool qu'on s'en foutait un peu, ça rentrait à pleine porte !

Parlons en de l'ambiance. La déco est simple et intelligente avec une photographie du Canal Lachine, qui forme une superbe murale et une sorte d'hommage à cette richesse du quartier.  Le reste des murs en prune et gris foncé, les tables en bois clair, les deux ardoises affichant le menu, le tout forme un équilibre enveloppant et chaleureux. 




Et la bouffe? de la bistronomie qui ne fait pas dans le classique ennuyeux.  Plein de belles idées, à commencer par la bouchée du jour qui est toujours une belle entrée en matière, ici une petite croquette de morue et un shooter de soupe parfumée au cumin.  On propose des huitres en permanence, ce que j'apprécie toujours avec mon apéro. 



Dans les entrées , j'ai eu la chance de goûter pratiquement à tout: crème de lentilles, saumon fumé maison avec betteraves et poires, ravioli de crevettes avec purée navet, tarte fine de champignons et oeuf poché.  Tout est bien réalisé, invitant et bien dosé.  


Saumon fumé maison , betteraves et poires


Ravioli de crevettes avec purée de navet
Dans les plats, j'ai eu un coup de coeur solide pour la morue en croûte d'amande servie sur des oignons caramélisés et haricots bien croquants. Un lait de shiitakes vient compléter le plat de façon admirable. C'est MON plat.  La macreuse de boeuf est réconfortante et intéressante, le filet de veau avec crevettes et polenta est une assiette bien ensoleillée et le tartare de thon blanc a de quoi gagner des adeptes.



Morue en croûte d'amandes et lait de shiitakes


"Surf and turf" veau et crevettes servi sur polenta crémeuse



Les desserts j'ai trouvé très corrects et pas trop lourds.  Un parfait glacé au caramel écossais a bien fini mon repas et j'ai beaucoup aimé le look de ce sablé et mousse au fromage,  servi façon sandwich crème glacée avec compote de cerises.



Le plus le fun évidemment est la FACTURE vu qu'on apporte notre boisson. On est loin du temps où les seuls restos sans permis d'alcool étaient de la qualité " Casa Grecque".  Aller au resto sans se ruiner c'est plaisant d'autant plus que c'est dans une ambiance fort agréable où on se fait servir avec le sourire et sans fla fla.  Allez y en gang, apportez du champagne ou un petit blanc pour boire avec les huitres et faites suivre avec ce que bon vous semble sans remords de faire mal à votre portefeuille.

Le Smoking Vallée a gagné mon coeur, pas juste parce que je peux y aller à pied (quoique c'est un big +++)  mais parce que je m'y sens bien et que j'ai l'impression qu'on met de l'amour dans mon assiette. Il ya des défauts, certes,  mais beaucoup de potentiel dans ce resto de quartier sympa.  Emmenez-en des comme ça, on est capable d'en prendre.

Petit plus, c'est ouvert tous les jours à compter de 18h!

Le Smoking Vallée
4370 rue Notre-Dame Ouest
514-932-0303


Sur twitter @lesmokingvallee



PS. c'est le photographe Mathieu Sparks qui a prit le superbe cliché qui fait office de murale

http://mathieusparks.blogspot.ca/2012/02/deco-du-resto-le-smoking-vallee.html

10.3.12

L'Auberge Saint-Gabriel

L'Auberge Saint-Gabriel, c'est plus qu'un restaurant. C'est d'abord un monument historique qui a une âme. On le sent dès qu'on pousse la porte et qu'on se retrouve entouré de vieux murs de pierre, de foyers et de lumières tamisées.  La colonne vertébrale de baleine majestueuse qui sert d'élément de décoration centrale à l'entrée donne le ton à la modernité qu'on a voulu insuffler dans cette bâtisse de plus de 200 ans.   Le mélange savant de tradition et de nouveauté se poursuit dans le menu concocté par le chef, Eric Gonzalez, que vous aurez certainement l'occasion de voir lors de votre visite. Il sort en salle fréquemment, va jaser avec les clients et écoute les commentaires avec attention.   

C'est ma troisième visite à L'auberge en moins de trois mois et j'ai eu la chance de voir de nouveaux plats à la carte chaque fois. Mon seul reproche à ce concept de menu changeant est que je tombe en amour avec des recettes et je ne peux pas y re-goûter la fois d'après...mais bon,  c'est pas ce qu'on peut appeler un défaut majeur.  Il y a eu le bavarois de foie gras, la croquette de porc avec crevette, le tartare de cerf, et aujourd'hui encore, mon coeur volage a flanché pour le pétoncle avec salsifis au vin moelleux servi avec une purée de rutabaga parfumée à la vanille et un jus tranché de truffe. Ohaaaa. 

1er amour: Bavarois de foie gras


Croquette porc et crevette

J'ai goûté au plateau de charcuteries pour la première fois. Tout est fait maison à part le saucisson. La rillette de cochon bien viandeuse nous fait presque oublier que c'est gras, la tête fromagée et la croquette de cochon sont superbes et les garnitures affriolantes. J'ai eu un gros faible pour le petit pot de salade de pommes de terre qui a disparu dans ma panse en 3 lampées de cuillère. Je ne sais même plus si j'ai laissé le temps à ma partenaire de dégustation d'y toucher.  Les charcuteries sont en vente pour apporter à la maison.




Les charcuteries

Avant de passer aux choses sérieuses, nous avons fait un arrêt au tout nouveau bar situé  à l'entrée de la salle à manger où un mixologue coloré et avenant; Jean-Michel, nous a fait goûter quelques unes de ses créations. J'ai été charmée par un drink à la pomme, canneberges, sirop d'érable et romarin qui n'a pas encore reçu de nom officiel.  Baptême à venir. On offre un menu en portion "lounge" à ce nouveau bar et on va mettre l'emphase sur le pairing "cocktail" et bouffe. 

Le tartare du moment est un beau clin d'oeil au printemps qui arrive avec un goût  d'orange mêlée à du canard coupé au couteau. La mayo parfumée était impressionnante et le pain d'épice complétait bien le mariage.


Tartare de canard, orange, pain d'épice


 On retrouve présentement sur la carte le plat pour lequel Eric a gagné le concours "Été des Chefs" du Spa Balnéa: une Ode à la betterave en différentes textures mariée avec du chèvre. Oui,  mariage classique mais oubliez tous ce que vous avez vu auparavant.  C'est une version moderne et délicate autant pour l'oeil que pour le palais. Tout à fait dans l'esprit "SPA"

Betterave et chèvre

Je vous ai déjà mentionné que mes genoux on flanché pour le pétoncle. Oui j'adore les pétoncles, encore et toujours, surtout servis avec des légumes. Le rutabaga, quand même sous-exploité, marié avec de la vanille, c'est génial! Avec en plus les salsifis moelleux et les petits chips de topinambour. Deux pouces en l'air! Je vais maintenant supplier le chef de laisser ce plat sur la carte un petit moment tout de même.

Pétoncles, salsifis, purée rutabaga, chips topinambours, jus truffé
Dans les entrées plus traditionnelles, on propose une tourte de cerf de Boileau, bien goûteuse comme il se doit, foie gras, lard et cognac.

Ensuite le Châteaubriand. Traditionnel vous allez dire ? eh! oui  mais peu banal. Servi en deux temps (ayez une grosse faim mes amis pour commander ce plat) Premier service, on dirait une soupe avec une surprise en dessous. Le boeuf braisé au vin rouge est servi effiloché et caché sous une purée aérienne et infiniment crémeuse de pommes de terres...divin. Ensuite le filet de boeuf, coupé devant vous à la table selon la tradition "Châteaubrienne" (ah ah je sais ce n'est pas un mot) et servi avec de petits légumes.  La viande, est la vedette de cette assiette incontestablement. Vieillie jusqu'à 60 jours me dit-on, dans le frigidaire qu'on peut admirer en entrant, cela lui donne un goût particulier et parfait!


Châteaubriand: 1er service

Châteaubriand: 2e service


Les desserts sont toujours surprenants. Coup de coeur pour L'Abracadabra, boule de chocolat blanc qui fond pour s'ouvrir au contact d'un sirop de fruits exotiques et nous dévoiler un crémeux au coco et un sorbet à l'ananas. Je ne suis pas certaine de bien décrire ce qui s'est passé mais c'est de la pure magie! Le vacherin au café et noisettes était aussi séduisant, rafraîchissant presque.



Abracacabra, vacherin, ananas rôtis et meringue


Vous pigez maintenant pourquoi je parle de mélange de tradition et de nouveauté dans mon introduction. Tout pour plaire à ceux qui sont moins aventuriers côté saveurs et surprendre les palais plus friands de cuisine moderne. C'est un gros défi à mon avis d'arriver à servir de façon admirable ces deux types de cuisine. Le mariage se fait en douceur ici et de  façon toute naturelle.  Côté ambiance, c'est la chaleur du foyer, l'enveloppement des vieux murs de pierre et la lumière tamisée. Attention ce n'est pas vieillot mais romantique.




On parle beaucoup de "l'esprit de l'auberge" dans le menu. Il faut expérimenter la cuisine et arpenter les corridors pour comprendre qu'il ya probablement un fantôme qui veille à ce qu'on le respecte. C'est lui le patron après tout. 


Vous trouverez ici tous les infos sur l'Auberge, les menus, les banquets, le service de traiteur et le blogue.

http://www.lesaint-gabriel.com/





















24.2.12

Émotions fortes avec Jason Franey aux 400 coups- Montréal en Lumière

J'ai hésité avant d'écrire un billet sur cet événement car beaucoup de blogueurs ont fait de superbes rapports de la soirée. Après avoir rêvé de ce repas pendant quelques jours , je suis incapable de ne pas en parler.

ll était évident de mettre cet événement Montréal en Lumière au sommet de ma liste dès le dévoilement du programme. Premièrement, j'adore les 400 coups. Tout y est; l'espace chic, urbain mais pas guindé du tout, la cuisine moderne et inventive de deux chefs; Marc-André Jetté et Patrice Demers et la sélection de vins dynamique de Marie-Josée Beaudoin.  Ensuite, le "Eleven Madison Park, NY" apparaissant sur le CV du chef invité de Seattle, Jason Franey a fini de me convaincre. Le Eleven, c'est la nouvelle marotte de tous les foodies montréalais de passage à NY ainsi que quelques autres centaines de milliers de personnes car ce resto vient de couronner un succès bien mérité en obtenant une 3e étoile Michelin en 2011 et une 24e place au palmares San Pellegrino des meilleurs restaurants au monde.  Jason Franey y a travaillé comme sous-chef et définitivement on retrouve ce même style dans les assiettes, qui colle aussi à la cuisine de Marc-André et Patrice. Un match parfait quoi ! et tombant parfaitement dans mes goûts.

Je ne sais trop comment définir cette cuisine qui vient me chercher.... émotivement.   J'aime être surprise, renversée par la beauté d'une assiette et ensuite chavirée par des saveurs intenses et des mariages inconnus par mes papilles.  Dit comme ça, on dirait presque que je parle de sexe mais croyez moi une expérience culinaire de ce niveau, pour moi, c'est aussi émouvant que de faire l'amour.  Quand on ajoute la gorgée de vin qui vient boucler la boucle, l'accord parfait, c'est vraiment le septième ciel!

Parfois je reste seulement objective et satisfaite d'un repas. Je peux apprécier la précision d'une cuisson, le talent dans l'exécution et un mariage de saveurs qui fonctionne mais la coche de plus, celle qui fait basculer mon objectivité dans l'émotion, je l'ai retrouvée ici et ça n'arrive pas si souvent.  

Je vous décris mon ivresse en 6 services:

L'oursin.  Je n'ai pas beaucoup d'affection pour cet aliment. Je ne serais jamais portée à en commander et d'ailleurs les seules fois que je me suis risquée à en mettre dans ma bouche, ce sont des chefs qui m'y ont forcé.  Ici, premier émoi:   J'ai vraiment A D O R É ce plat.   OK. On tombe dans ma palette avec une crème de céleri, mariée avec une gelée à l'aneth et pommes granny Smith et une émulsion d'aneth.  Pour moi, ces goûts frais avec l'oursin, ça marche.  On a gardé un peu de texture dans la crème de céleri ce qui faisait encore plus intéressant. Saveurs intenses, palais aux anges avec un Sémillon de la maison Ecole no. 41, Columbia Valley.  Je suis déjà en pamoison et c'est le premier service, je ne sais pas si je vais survivre jusqu'à la fin.



Pétoncles.  Elles sont à la mode quand même, elles sont partout et je serais la dernière à m'en plaindre car c'est un de mes aliments fétiches. Ici on nous les sert en ceviche avec une purée d'orange Cara Cara, du fenouil et une "neige" de Raifort.   2 émotions fortes: la purée de cara cara, c'est pas possible comme c'est intense et doux à la fois. J'ai presque versé une larme. Le raifort frais apportait le fizz à ce mix béni. Je capote vraiment. 2 en 2.   J'ai chaud!




Foie gras. Je suis lasse du foie gras poêlé et encore plus lasse quand il est présenté avec des saveurs sucrées. Je tolère le torchon mais c'est tellement rendu commun qu'un plat de foie gras bof! Ici l'assiette d'une beauté peu commune a su ramener mon excitation et le mariage avec le râble de lapin au centre, la rillette de lapin et les légumes marinés m'a conquise. Que du salé ou presque...une touche de Sauternes. Mon meilleur foie gras depuis très longtemps.




Pintade. Encore ici la pintade ça ne m'attire pas mais présentée de cette façon, cuite avec une tendreté irréprochable, carottes rôties et en purée, cumin. L'émotion: le crumble de peau de pintade, Wow!!  On joue avec les couleurs, les goûts et les textures de façon magistrale. C'est de l'art ! Je suis conquise, je demanderais le chef en mariage sur le champs mais c'est même pas fini.



Cerf de Boileau. Après tant d'émoi, j'ai même oublié de prendre une photo de la superbe assiette de cerf. Jamais mangé une longe de cerf si tendre et goûteuse. La sauce était superbe. Des choux-fleurs de 2 façons: rôtis et en purée que j'adore et une purée de trompettes de la mort avec de la truffe fraîche.  Cette trace noire dans l'assiette n'a pas fait l'unanimité autour de la table mais c'est avec ça qu'on venait surprendre le palais. Je suis toujours sur le cul et je ne sais pas si je vais pourvoir me relever étant pâmée sur le St-Joseph servi en accord avec le plat.

Panna cotta de panais. Oui la tendance est au légume dans les desserts et ça me plait!  Je ne suis pas une fanatique de sucre et encore moins de chocolat alors quand on me présente un dessert de la sorte, je jubile.  Il y avait de la poire, de la vanille et du pumpernickel. Je ne sais plus laquelle de ces saveurs était dans le sorbet mais encore une fois un chef d'oeuvre. Croquant, soyeux, froid, savoureux.  Un dessert signé Franey mais Patrice Demers colle totalement à ce style. 



Je n'ai pas parlé des canapés, crème brûlée à l'oignon, pudding de tapioca à la patate sucrée et la tartelette de citrouille au foie gras. Tellement de travail dans chaque petite bouchée, dans chaque plat servi ce soir là c'était renversant.

Je ne sais pas si le chef en concoctant ses plats cherche à créer un tel émoi dans chaque bouchée, oui probablement.   Certains d'entre vous qui ont eu la chance de goûter à ce menu se disent peut-être que j'en mets un peu trop ou même pensez -vous que je n'ai pas beaucoup de vécu pour flipper de la sorte. Sachez que j'ai pas mal d'années de bambochage culinaire de tous niveaux sous ma calotte et ce moment de grâce était pour moi un des meilleurs.  Question de goûts personnels bien sûr mais aussi le timing est en jeu. Nos goûts changent au fil du temps, ils évoluent.  Ce soir là, c'était comme si les chefs avaient sondé mon cerveau pour pondre un menu contenant toutes les saveurs qui me feraient vraiment plaisir. Ils m'ont servi ce que mes papilles demandaient depuis un bout sans que je le sache.

Ma quête des goûts ultimes ne s'arrêtera jamais et je vais continuer de découvrir d'autres chefs, d'autres saveurs qui vont me faire chavirer mais dans l'espace temps de cette soirée, pendant un court moment, j'ai cru que ça y était...je pouvais mourir en paix. Amen!


Ce repas a été servi vendredi le 18 février 2012 dans le cadre du Festival Montréal en Lumière

Coordonnées

Le restaurant de Jason Franey à Seattle

http://www.canlis.com/

Le 400 coups qui  heureusement pour nous est à Montréal

http://les400coups.ca/

Si vous aimez ce style de cuisine, arrêtez -vous chez Eleven Madison Park à New York

http://www.elevenmadisonpark.com/


Mon expérience au Eleven Madison Park au printemps 2011

http://bouffeviemtl.blogspot.com/2011/04/une-foodie-new-york-part-i.html



23.2.12

Montréal en Lumière au Europea

Cette année le volet gastronomique du festival nous proposait de découvrir des chefs de la Belgique et aussi de la ville de Seattle. Quand le programme sort au mois de novembre, je dois faire des choix, parfois déchirants.  Comment je choisis mes événements?  De un, je privilégie les restaurants dont j'aime déjà le style et la cuisine. Ensuite, je vais voir le site web du restaurant du chef invité pour jeter un oeil à ses menus. Si je ne suis pas inspirée, je passe.  En général, je crois que les organisateurs essaient de faire des "matchs" de chefs qui auront des affinités puisqu'ils devront collaborer pour sortir les plats.  J'ai choisi cette soirée au Europea parce que le restaurant l'Eau Vive du chef Pierre Résimont, doublement étoilé Michelin, respirait la finesse.  Finesse que nous retrouvons assurément en tout temps au Europea, le quartier général de Jérôme Ferrer.  Probabilité de satisfaction très élevée, "gambling" gagnant pour une soirée magique !

Je vous fais un résumé du menu impressionnant qu'on nous a servi, avec un accord mets-vins des plus fantastiques!  

Mises en Bouches:

-Crème brûlée au foie gras avec espuma de Pomme Verte
(non illustré car l'espuma cachait tout, c'était toutefois excellent)

-Huître Beausoleil pochée, cachée sous une écume iodée et assise sur une tartine croquante aux tomates.



Pétoncle grillé, Nage de jus de Betteraves et Yuzu, Pommes et endives rouges

Qualité du pétoncle irréprochable, cuisson parfaite avec caramélisation légère qui laisse la place à la délicatesse des accompagnements.  J'avoue que j'ai tendance à préférer mes pétoncles rôtis plus fortement mais ici, cela aurait tué le mariage des goûts.


Langoustines rôties en croustillant de pain, caviar d'aubergines, sauce soya et tartare au curry de Madras

J'ai adoré ce plat ! mon "top" de la soirée. Je trouve que la langoustine se fait rare sur nos bonnes tables au Québec. (en écrivant cela je réalise qu'il y en a sur le menu au Europea mais c'est un des rares) C'est un produit raffiné et intéressant quand il est apprêté avec un doigté et une originalité renversante comme ici.  Énorme wow!

Wow pour le vin accompagant ce service également. Un surprenant blanc du Jura: La Mailloche Chardonnay, Stéphane Tissot 2009.  Arômes de noisette et longueur en bouche phénoménale.



Soupe de Champignons, artichaut en barigoule, foie gras, brioche au beurre de truffes

Combinaison de saveurs séduisantes avec une superbe présentation dans des bols de granite énormes. Vous voyez  bien les copeaux de truffes fraîches.



Filet de Pintade saisi, mousseline de rattes, embeurrée de choux, pommes maximes, tomates confites et Ecume au parmesan

"Meilleure cuisson de pintade que j'ai eu la chance de goûter" de s'exclamer un de mes comparses de table, et le monsieur en a vu d'autres...vraiment un plat exécuté de main de maître, sans faille, aucune. 




Baba au Vieux Rhum

Dessert intéressant, pas trop lourd comme je les aime. Avec une pipette remplie de rhum pour injecter dans le gâteau. Une infusion aux agrumes a été versée dans le bol pour compléter, après que j'ai eu pris le cliché.




Les Mignardises

Premier coup de coeur pour le sorbet à la violette qui explose littéralement en bouche. Deuxième coup de coeur pour le pot au chocolat d'une onctuosité à faire flancher les genoux. Et encore pour la verrine au café et cassonade avec un goût et une texture......oh je n'ai plus de mots. C'était une finale parfaite.



Somme toute un repas mémorable. Je garde en bouche un goût de beurre, oui c'est de la cuisine au beurre sans aucun doute possible, beaucoup d'amour comme disent les chefs! Je garde en tête aussi l'accueil charmant de Pierre Résimont et de Jérôme Ferrer qui m'ont permi d'aller écornifler dans les cuisines. Désolée je n'ai pas de photos de ça malheureusement.

Allez voir le lien du restaurant L'eau-vive qui est situé à Namur en Belgique, le site a l'air vraiment enchanteur et j'y ferai une halte sans aucun doute si je passe dans le coin. 


Ce repas a été servi mercredi le 22 février 2012 dans le cadre du Festival Montréal en Lumière


Coordonnées

Le restaurant de Pierre Résimont, en Belgique.



L'Europea, est aussi un must à essayer, un des deux seuls restos arborant la  bannière Relais & Chateaux à Montréal (avec le Toqué!). 



13.2.12

Recette de semaine: Cassoulet de crevettes


Amoureux de cassoulet et/ou de chili, cette recette est pour vous. Le réconfort d'un plat avec des légumineuses, le piquant du chili et le tout sans chichi ou longues heures de cuisson. Les "black eyed peas" ne sont pas très communs dans notre cuisine. Ils donnent au plat un petit air du sud qui me rappelle les ragoûts d'écrevisses de la Nouvelle-Orléans. Le nom français pour cette fève est dolique à oeil noir mais à chaque fois que j'ai dit à quelqu'un qu'on allait manger ça, je me faisais répondre par une grosse face de point d'interrogation alors "black eyed peas" , for some reason, là,  tout le monde comprend.

Ingrédients pour 4 personnes:

12 à 16 grosses crevettes, veines et écailles enlevées.
1 tasse et demi de lardons (ou 5-6 tranches de bacon coupées en morceaux)
2 boîtes de doliques à Oeil noir  (CLIC bio ou Cedar de préférence)
2 branches de céleri
3 gousses d'ail
1 petit oignon blanc
3 oignons verts
1 piment jaune ou orange
2 tasses de fond de veau (ou bouillon de volaille)
1 verre de vin blanc
1 pincée de piment d'Espelette
1 pincée de chili ancho
Sel et poivre

Commencez par faire dorer les lardons dans une poêle antiadhésive, à feu moyen d'abord puis montez pour qu'il soit bien craquant. Mettre de côté.  Dans la même poêle ajoutez de l'huile d'olive et tous les légumes coupés finement, sauf les oignons verts et l'ail.  Faire rissoler à feu moyen-élevé pendant quelques minutes. 

Rincer les doliques dans une passoire avec de l'eau froide, bien égoutter et ajouter dans la poêle avec les légumes. Mettre le fond de veau et faire réduire le jus de moitié au moins. Assaisonnez avec du piment d'Espelette et le chili, selon votre goût de piquant.  Ajoutez le bacon au mélange et réservez le tout.

Faire dorer les crevettes dans un peu d'huile d'olive en prenant soin de bien les éponger d'abord.  Ajouter l'ail et déglacer avec le vin blanc. Remettre le mélange de doliques et légumes avec les crevettes pour réchauffer le tout et voilà!  Servez avec une garniture d'oignons verts tranchés grossièrement.

30 minutes top chrono maximum et le mélange est aussi délicieux réchauffé.  J'adhère à la théorie du Joe Beef pour la taille des lardons: l'hiver on les fait un peu plus gros et puis l'été on les réduit. Pour les fèves, vous allez peut-être vouloir laisser tomber les conserves et faire cuire les vôtres à la façon longue et pénible.  J'ai testé les deux et malgré que je sois ordinairement anti " cannes" , pour cet aliment, exceptionnellement, je n'ai trouvé aucun avantage à se casser le bicycle. Allez -y paresseusement, pour une fois que c'est presque meilleur. Un petit vin rouge pour accompagner le piquant et l'affaire sera ketchup.  Même si il ya du vin blanc dans la recette, ne vous laissez pas brimer par cela.  En fait, selon moi,  les deux peuvent fonctionner merveilleusement.



8.1.12

Pot-au-feu à l'Anglaise

Inspirée par un ami qui me parlait de son projet de fin de semaine "crockpot", merci aux cadeaux de Noël qui nous donnent des obligations et inspirations, je me lançai dans la recherche de qu'est-ce que je pourrais bien lui conseiller comme recette à faire dans sa nouvelle bébelle (c'est plus fort que moi). Ensuite, je me suis rappelée que j'avais une mijoteuse encore dans l'emballage, oubliée dans l'armoire d'en haut. Quand je dis haut, ça vaut dire "haut besoin d'un escabeau".  Bref, j'ai suggéré une recette à l'intéressé mais j'ai fini par sortir le crockpot et faire le projet avant lui. Bien sûr, ça ne surprend personne qui me connaît le moindrement.

Je suis partie d'une recette de mon premier livre de Jamie Oliver:  Jamie's Kitchen, que j'adore. Il contient plein de trucs de bases que j'utilise depuis 10 ans. Je n'avais jamais touché à cette recette là. La beauté de Jamie, c'est qu'il nous encourage à modifier les recettes selon nos goûts et à expérimenter. Rarement qu'il donne des mesures exactes...sauf pour la pâtisserie, une poignée de ceci, une grosse botte de cela...si vous aimez ça ben mettez en plus! 

Donc, ce que j'ai fait ici c'est un mijoté de bouts de côtes de boeuf avec saucisses, dans la bière noire.  La texture de la saucisse cuite lentement est totalement malade et le boeuf pas besoin de vous dire que ça se défait à la fourchette. L'ajout de champignons séchés donne une richesse au bouillon qui se marie bien avec la bière Stout . L'orge est également très intéressante à cause de la texture réconfortante. Le panais a atteint une saveur riche que je n'ai jamais obtenue avec ce légume auparavant; merveilleux. Mais je parie que vous pouvez substituer avec n'importe quel légume racine et ce sera aussi bon.  La bière noire ce n'est pas substituable, c'est l'élément clé.

Ingrédients:

2 gros morceaux de bouts de côtes de boeufs  (achetés chez Claude & Henri au marché Atwater dans mon cas)
4 saucisses saveur Chorizo (et non des chorizos secs) achetés au saucissier du marché. N'importe quelle saucisse moyennement épicée fera l'affaire.
Environ 1 tasse et demi de cèpes séchées réhydratées et le jus de réhydratation
Environ 1/2 tasse d'orge perlée
1 sac d'oignons rouges perlés
3-4 panais pelés et coupés en morceaux
2-3 Branches de romarin frais
1 bouteille 500 ml de bière noire de type Stout irlandaise. (j'ai utilisé de la O`haras ne trouvant pas de Guinness)
2 gousses d'ail


-Enlevez le plus de gras possible sur le boeuf. Salez et poivrez généreusement la viande et passer dans la farine pour ensuite brunir dans une poêle avec un peu d'huile d'olive. Mettez les morceaux dans la mijoteuse.
- Trempez vos champignons séchés dans de l'eau tiède pour environ 10 minutes,
- Poêler l'ail, les oignons pelés et les saucisses quelques minutes dans la même poêle que la viande. 
-Mouiller avec 1 tasse de bouillon de boeuf et le jus des champignons. Laisser réduire un peu.
-Mettre le contenu de la poêle sur la viande, ajouter les panais , l'orge,  les champignons, la bière et le romarin.

Partir la mijoteuse à feu doux pour 8 heures et laissez la magie opérer.  Après cuisson, la viande se détachait des os toute seule, j'ai  filtré le bouillon et fait réduire dans une casserole à feu élevé pour obtenir une consistance onctueuse.

Pas de mijoteuse, pas de problèmes, vous pouvez faire le même processus en cuisant au four dans un plat de type Creuset autour de 300 degrés pour 3-4 heures. 

J'ai goûté la chose en brunch, d'abord, avec un oeuf frit et pain grillé. C'est full cochon vous allez penser...oui, effectivement, mais les Anglais mangent comme ça au déjeuner alors pourquoi pas?.  Ensuite j'ai mangé le truc réchauffé au four gentiment et agrémenté de quelques pousses, persil frais et de l'ail émincé...wow! le petit kick de l'ail et la fraîcheur des pousses c'est parfait.  C'est le plat le plus goûteux que j'ai eu dans mon palais depuis longtemps....la bière amène un petit bout de caramel et épices très agréable...pas eu même besoin d'ajouter d'assaisonnements. Conclusion: Parfait plat d'hiver à concocter pour les invités au chalet...ça cuit pendant qu'on s'active dehors et ça nous réconforte au retour. Bon début d'hiver.


28.12.11

Rétrospective 2011

Nous avons été gâtés à Montréal en frais de nouveautés excitantes durant l'année 2011. Le magasine En Route, qui a mon avis a toujours du flair en ce qui a trait aux meilleures découvertes de l'année en a nommé trois que je respecte; le 400 coups, le Van Horne et le Comptoir.  J'ai par contre été estomaquée cette année de constater que cette fameuse liste ne contenait pas le resto qui a le plus fait jaser et qui a semblé faire l'unanimité dans toute la communauté foodie: Le Filet !  Cet endroit est devenu rapidement un incontournable. Avec le chic de l'endroit, l'énorme choix de plats sur la carte (tous meilleurs les uns que les autres), le format intelligent de plats "tapas", la liste des vins recherchée, l'excellent service et la superbe terrasse avec vue sur le parc Jeanne-Mance...ben voyons donc!

Je sais que je m'apprête à m'aventurer sur un terrain glissant mais cela me démange. 1 er fait : La seule critique négative que j'ai trouvée sur le Filet venait de Lesley Chesterman (que je respecte énormément), publiée dans le journal The Gazette. Dailleurs j'étais tellement surprise de voir que son repas ne lui avait pas plu, je lui ai demandé via twitter? elle m'a dit que cette critique avait été difficile à écrire mais que c'était ça qui était ça. Le cardeau cru, mon plat fétiche (et de bien d'autres), frais et original du filet, lui a arraché du dégoût car trop salé.  Je ne connais personne à qui le Filet n'a pas procuré du bonheur gastronomique et pour moi, c'est LA découverte 2011.  Même MC Lortie dans La Presse, a écrit que le buzz autour du Filet était bien mérité. 2e fait: La personne qui choisit le top 10 des nouveaux restos canadiens au magazine  En Route, Sarah Musgrave, est une collègue de madame Chesterman employée par le même journal,  The Gazette. A- t-elle subit une influence? a- t-elle des goûts similaires? ou seulement par respect de l'opinion de sa collègue et de peur de discréditer son employeur elle aurait peut-être omis de recommander cet incontournable qu'est le Filet? Je ne sais pas mais on jase là. 

Les 400coups n'est pas bien loin derrière dans mon palmarès 2011 mais j'avoue que, pour moi, cela a été surtout pour les desserts de Patrice Demers. Il réussit toujours à me surprendre tant dans l'originalité des ingrédients, les présentations impeccables et le souci d'avoir des textures intéressantes en bouche; le soyeux, le croquant et un élément glacé se retrouvent souvent dans ses créations. Je peux même en manger plusieurs sans avoir le coeur qui lève...jamais trop de sucre. Un maître.   La cuisine de Marc-André Jetté est raffinée et ne m'a jamais déçue mais je n'ai pas de plats mémorables fétiches à me rappeler des 400coups cette année à part les desserts. C'est pour cette raison qu'il passe en deuxième après le Filet.

Je veux maintenant vous faire mon top 10 des "PLATS" qui m'ont jetée par terre en 2011, soit dans de nouvelles découvertes ou des établissements que je fréquente régulièrement. Pas d'ordre particulier.

1. J'ai découvert la Côte de Boeuf savoureuse et gargantuesque du Kitchen Gallery près du marché Jean-Talon. Cet endroit m'a charmée avec son ambiance chaleureuse, sa simplicité et la qualité de la cuisine bien sûr. Pour l'amateur de viande rouge, c'est le steak à essayer à Montréal, à partager de préférence.

2. Le lobster roll ouvert du restaurant Tuck Shop m'a fait saliver tout l'été. J'en ai profité en masse heureusement car il n'est offert qu'en saison. Je vais me "pitcher" au printemps quand la saison des homards va recommencer. Mix parfait de fraîcheur et de croquant servi sur un pain grillé. Des saveurs présentes tout en ne masquant pas l'élément vedette.

3.  Le flan de pétoncles du Jun-i. Je suis une assidue de cet endroit depuis leurs débuts, il y a 5 ou 6 ans déjà mais comme je me concentre sur la carte des sushis je n'avais jamais goûté au flan. Merci au chef du Auguste, Dany St-Pierre de m'avoir suggéré le "crazy hotate" via Twitter,  traduction "pétoncle malade" !!! c'est trop bon.

Le flan de pétoncles du Jun-i
4. Le saumon cru épicé du Bremner, nouveauté du chef Chuck Hugues dans le Vieux MTL.  Simple mais efficace...un saumon saumuré avec du raifort, servi avec des câpres frits et une crème d'aneth. Tellement bon.

5. Le Cavatelli aux joues de veau du Filet, garni de copeaux de foie gras. Le genre de plat qui fait capoter tout le monde. Des pâtes fraîches (le cavatelli est très "in"), une viande qui fond sous la dent, une sauce riche en goût et du foie gras. Que demander de plus?

6.  Le Flan de Porc sauce aux pleurottes du Tuck shop. Bon à en pleurer tout simplement. C'est riche mais servi en portion entrée heureusement.

Flan de porc aux pleurottes du Tuck Shop


7. Le Tataki de Boeuf  Wagyu du Filet avec sa sauce au sésame-gingembre.  C'est un plat très simple mais je peux même pas vous décrire comme c'est hot, faut essayer.

8. Le Cardeau cru du Filet servi avec prune japonaise, concombre, crème de wasabi et chips de plantains. Mon 3e plat fétiche de cet endroit et je vais me retenir pour ne pas vous en mettre un 4e. Vous comprenez pourquoi c'est ma découverte de l'année?

Cardeau et prune japonaise au Filet


9. Le Vert de Patrice Demers servi aux 400coups.  Étagé de pommes vertes, crémeux yogourt-chocolat blanc et granité. On y retrouve de l'huile d'olive (ben oui dans un dessert!) des pistaches et des micro-pousses de coriandre également.  Un mélange surprenant et séduisant. J'étais renversée la première fois que j'y ai goûté et je ne m'en lasse pas.


Dessert "VERT" aux 400 coups

10. Le Spaghetti de homard servi au Liverpool et également au Joe Beef, deux établissements appartenant aux vedettes de l'heure en restauration à Montréal, Dave McMillan et Fred Morin, qui ont publié LE livre de recette de l'année.  Ce n'est pas un plat super original vous me direz. Un "spag" au homard à 50$ c'est un peu malade vous me direz aussi peut-être. Mais je capote dessus, ben raide.  Juste à l'écrire j'en veux.

11. Ok. 11 car je peux pas passer sous silence les Pétoncles poêlés goûtés au DNA. Je capote sur les pétoncles, j'en commande partout et ceux- là étaient les meilleurs que j'ai mangés depuis longtemps. Caramélìsés à la perfection, avec une garniture délicate de courge musquée fumée et un mélange de noix et raisins secs dorés. Je souhaite que ce plat reste sur le menu longtemps.
Pétoncles au DNA
12. Pourquoi pas un petit dernier? un top 12 c'est cool non?  La palme du tartare de l'année revient à celui de l'Auberge St-Gabriel. Le tartare de cerf que j'ai goûté le 25 décembre était tout simplement parfait!...avec des pacanes et de la betterave rouge, j'ai été charmée. La cuisine du St-Gabriel est raffinée et généreuse, reflétant bien la personnalité du chef Eric Gonzalez.

Tartare de cerf à L'Auberge St-Gabriel
Comment parler de rétrospective sans souligner que cette année,  le premier chef vedette sur le plan international est venu planter un jeton à Montréal en revampant l'image de notre bonne vieille Rôtisserie Laurier. Ce projet a beaucoup fait jaser et je crois que d'un point de vue "business" M. Ramsay est bien conseillé puisque ça a l'air de bien marcher.  On a eu confirmation que le chef Daniel Boulud, aussi prestigieux que Gordon, aura pignon sur rue à Montréal également dans le chic Ritz rénové de la rue Sherbrooke.  J'ai hâte de voir le concept car c'est bien beau les établissements sympathiques et la cuisine bistro, mais qu'en est-il de la haute gastronomie ? celle qui va mettre Montréal dans la fameuse liste des 50 meilleurs restaurants au monde de San Pellegrino ?  Nous n'avons que deux établissements faisant partie des Relais & Châteaux par ailleurs. On ne dépense probablement pas assez à Montréal en gastronomie pour attirer ce genre d'investissements. Nous n'avons pas le bassin de population et de tourisme des grandes villes Européennes ni de New York, par exemple,  mais nous avons le talent... et c'est ce qui est dommage. Nous avons des chefs qui pourraient torcher au rang des Eleven Madison (NYC) de ce monde mais ça prend des gros sous pour avoir 30 chefs en cuisine,  un local exceptionnel et un service digne de la grande cuisine. Peut-être en 2012? dossier à suivre.

Je sais pas vous autres mais tout ça me donne extrêmement faim. Vive les chefs, vive la gastronomie, vive les repas entre amis et les découvertes. Je vous en souhaite des tonnes dans la nouvelle année qui arrive. Bisous.